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Lundi 17
Nous sommes allés à Montpellier. J'ai été impressionné
par la collection de Bruyas qui est très riche de tableaux de Delacroix,
il y a des choses bien belles". Nous avons été en pleine magie avec
Rembrandt qui est surtout un magicien et Delacroix un homme de Dieu,
de tonnerre de Dieu et de foutre la paix au nom de Dieu.
Le portrait
de Bruyas, collectionneur, mécène, proche de Courbet m'a touché
particulièrement. J'y trouve une ressemblance étonnante avec Theo
et moi. Ce Monsieur à barbe et cheveux roux a bigrement de la ressemblance
avec notre famille.
Comme un frère vêtu de noir… Bruyas était quelqu'un qui a beaucoup
souffert aussi.
Mardi 18
Je ne sais pas me taire. Je me suis de nouveau heurté avec Gauguin
sur les peintures que nous avons vus, et sur Cabanel aussi.
Je préfère un art qui serve la nature en partant d'elle pour montrer
ce qu'il y a de beau et d'élevé en elle comme en nous. En ordonnant
les couleurs comme il faut, on arrive à la poésie. Les contours,
quoiqu'il en pense, sont importants. Il arrêtent et contiennent
la liberté exagérée du geste qui veut toujours s'exagérer et de
la couleur qui a tendance à toujours déborder chez moi.
Gauguin a décidé de partir. Schuffeneker lui a dit qu'il l'attend
les bras ouverts. Il pense avoir assez d'argent pour l'instant et
sent que c'est à Paris que ça bouge. Il voudrait avoir la liste
des gens qui ont acheté des tableaux et pense que sa présence est
plus nécessaire à Paris.
Il a fait le tour d'ici et en a assez de moi. Je lui ai dit de refaire
ses comptes et de prendre une décision que pour ma part, j'attend
avec sérénité.
Mercredi 19
ça ne va pas bien entre moi et Gauguin, : le travail n'est plus
commode et la discussion d'une électricité excessive. J'en ai la
tête fatiguée comme une batterie électrique après la décharge ".
G attend de
l'argent de Theo, je pense qu'il partira dès qu'il le reçevra.
Jeudi 20
Je suis désespéré, mon atelier sombre, s'il s'en va, je vais avoir
une mauvaise réputation à Paris. Il va raconter, il l'a déjà fait,
à Theo que je suis impossible et à tous les copains de ne pas venir
ici. Cet échec va me casser.
J'ai du mal à travailler, j'ai peint un homme à chapeau.
Vendredi 21 décembre
Theo a annoncé ses fiançailles.
L'atmosphère est chargé
d'électricité et je suis très fatigué.
Samedi 22
Les fiançailles de Theo que je viens d'apprendre m'inquiètent. Je
suis content pour lui qu'à la fin Johanna a accepté de l'épouser.
Mais ça risque de peser sur mes relations avec Theo. Une femme accepterait-elle
que son mari continue à entretenir son frère ?
Dimanche 23
Engueulade
de nouveau avec Gauguin, il est allé coucher à l'hôtel. Il en a
assez de la ville d'Arles, de la petite maison jaune où nous travaillons,
et surtout de moi. Il y aurait pour lui comme pour moi des difficultés
graves à vaincre encore ici. Mais ces difficultés sont en-dedans
de nous-mêmes qu'autre part. Avant d'agir je lui ai dit de réfléchir
et de refaire ses calculs. Gauguin est très fort, très créateur,
mais justement à cause de cela il lui faut la paix. La trouvera-t-il
ailleurs s'il ne la trouve pas ici ? J'attends qu'il prenne sa décision
avec une sérénité absolue ".
24 coma
25 roma
26 l Roulin Vincent perdu veut mourir prie honte
27 visite mme roulin , puis crise terriible, enfermé
28 theo arrive
29 va mieux = retour salle commune
30 31 l Roulin V calme .
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