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(Dessin de Maurice Maubert
d'après une photo de J-C Dusanter
)

Quittant le monde du livre et du papier, j'ai trouvé dans le net mon moyen idéal pour créer et communiquer
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LACANOPHILIE

Le Phénomène Lacan
(Cum, février 74)

Dans mon esprit, la conférence de novembre 1974 s'intitulait "Le phénomène Lacan" (et non lacanien). En fait, jallais voir de près l'homme considéré déjà comme un phénomène. Ce déplacement m'a donné l'idée de confronter mon souvenir de cette après-midi (très ensoleillée) avec le texte établi (d'après un enregistrement, des notes ?).

La première chose dont je me rappelle était que Lacan s'explique du titre de cette conférence en disant qu'il l'avait acceptée parce qu'il “n'en avait pas d'autres” et qu'il "avait d'autres chats à fouetter"... Il a d'ailleurs vite balayé le concepts de "phénomène", "n'apparaissant qu'à travers la faiblesse de nos sens" et celui d'expérience  qui "ne mène à rien sans les mathématiques", pour en arriver au noumène, autrement intéressant.

Lacan se promenant dans les allées, modulant ses paroles dans un silence attentif, puis revenant au bureau, s'y appuyant de ses deux mains comme pour donner plus d'élan à ses dires, soufflant bruyamment parfois en assénant ses formules parfois difficiles à retenir tant les concepts se pressaient.

Où tout ça nous mène...
Le noumène, c'est le réel. Le discours inconscient est donc bien le noumène en tant qu’il « nous mène ». L'inconscient s'enracine parce que cet être qui a appris à parler est issu de deux parlêtres (liés, dixit Lacan, par cette "loufoquerie" qu'on appelle l'amour), criblé par le dire des deux conjoints "qui se moquent de la division qu'il y a entre le corps et la nature du langage". L'acquisition des mots a été polarisée par les parents. Le réel est bien deux, c'est l'impossible.

 


Dans la Psychanalyse, ce à quoi nous avons à faire, c'est au symptôme qui est l'inscription de cette projection d'inconscient. Le langage peut aider même s'il ne dit pas la vérité (le même mot sert à la vérité ou au mensonge). Le dire qui opère n'a pas forcément un sens, il y a même des chances que le dire qui opère n'ait pas toujours un sens. il y a des dires qui opèrent, d'autres non.

Comment expliquer que le dire porte au delà des mots ?
- Par le rapport de l'inconscient avec le mot d'esprit = équivoque, or l'équivoque c'est le langage.

A la lecture du texte établi, je me rends compte que peu de choses m'étaient restées : le noumène, le parlêtre issu de deux parlêtres, le dire qui opère au delà des mots, et quelque chose sur sa façon de parler (qui n'est pas dans la retranscription).

Rien ne me restait de l'intuition (qu'il trouve assez moche), du déchet (auquel chacun aspire), du corps (notre prochain), du savoir (qui résulte d'un certain ordre), du noeud borroméen...
Mais il me reste le souvenir assez net d'un propos (peut-être en réponse à une question - il y en a eu quelques unes) qui n'est pas dans le texte. Lacan disait qu'il ne parlait jamais des choses, mais autour des choses... L'image de cercles concentriques se resserrant sur le sujet s'était imposée dans mon esprit et je l'ai toujours gardée en tête dans mes lectures.


Tout le monde délire


La normalité est illusoire, déterminée socialement, changeante. Chercher les limites entre le bon sens et la folie est une folie. L’être de l’homme ne saurait être compris sans la folie qui est la limite de sa liberté.
Quand le moi, construction imaginaire qui fait écran entre le sujet et l’Autre de la parole, est défaillant, pour répondre au réel du monde, à la difficulté de s’adapter à ce réel, le sujet doit inventer une réponse dans l’imaginaire de son délire. La folie est alors une tentative de guérison où le sujet construit un symptôme (message chiffré) qui lui permet de donner un sens à ce réel (en ce sens, il n’y a rien de plus raisonnable que la folie). Le « sinthome » pour Lacan, « c’est la folie nécessaire de chacun pour ne pas devenir fou enfin dans le champ de la jouissance ».
En 1978, le « dernier Lacan » écrit que « tout le monde délire » contredisant ce qu’il écrivait  bien plus tôt : « il y a les fous et ceux qui ne le sont pas ».
D’où ma question : Y a-t-il encore une pertinence (si ce n’est dans la clinique) à différencier névrose et psychose ?
Il est courant de dire que le sujet psychotique a rencontré dans le réel quelque chose qu’il ne peut pas intégrer dans son univers symbolique, un trou dans la réalité. Il prend le signifiant comme un message qui lui est adressé dans la réalité et fait de la lettre une machine à produire de significations ou des satisfactions liées ou étrangères au corps (la « jouissance » selon JL).
Mais comme dans la psychose, « il y a dans la névrose aussi une tentative pour remplacer la réalité indésirable par une réalité plus conforme au désir » (SF) et la névrose la plus normale peut arriver à se révéler tout d’un coup comme une vraie folie.
Je répète donc :
« Y a-t-il encore une pertinence (si ce n’est dans la clinique) à différencier névrose et psychose… puisque « tout le monde délire ? »
Cette "nosographie", ne me semble pas (ou plus) un outil nécessaire ou très fiable pour explorer le réel.

 


Dans la Psychanalyse, ce à quoi nous avons à faire, c'est au symptôme qui est l'inscription de cette projection d'inconscient. Le langage peut aider même s'il ne dit pas la vérité (le même mot sert à la vérité ou au mensonge). Le dire qui opère n'a pas forcément un sens, il y a même des chances que le dire qui opère n'ait pas toujours un sens. il y a des dires qui opèrent, d'autres non.

Comment expliquer que le dire porte au delà des mots ?
- Par le rapport de l'inconscient avec le mot d'esprit = équivoque, or l'équivoque c'est le langage.

A la lecture du texte établi, je me rends compte que peu de choses m'étaient restées : le noumène, le parlêtre issu de deux parlêtres, le dire qui opère au delà des mots, et quelque chose sur sa façon de parler (qui n'est pas dans la retranscription).

Rien ne me restait de l'intuition (qu'il trouve assez moche), du déchet (auquel chacun aspire), du corps (notre prochain), du savoir (qui résulte d'un certain ordre), du noeud borroméen...
Mais il me reste le souvenir assez net d'un propos (peut-être en réponse à une question - il y en a eu quelques unes) qui n'est pas dans le texte. Lacan disait qu'il ne parlait jamais des choses, mais autour des choses... L'image de cercles concentriques se resserrant sur le sujet s'était imposée dans mon esprit et je l'ai toujours gardée en tête dans mes lectures.