Alain Amiel
Biographie Livres Articles Presse Sites réalisés Cuisine Voyages contact
 

 

 

Ma marocanité
Going Back to Rabat
Ma maison natale
Librairie du Chellah
Vieux cimetière juif de Rabat
Patronyme Amiel
Histoire des Juifs
Histoire des Juifs du Maroc
Les "Signes" des Juifs
Juifs d'Amazonie - Iquitos
Bible - Exégèses
32 rue du Capitaine Petijean
Suzanne Benzaquen
Mon grand-père en Amazonie
Interview sur Rafio Judaica Lyon par Catherine Elmalek
Interview par le CCME
(Conseil de la Communauté marocaine à l'étranger)

 


MON PATRONYME

En m'intéressant de plus près à l'origine de mon nom et aux porteurs du même patronyme que moi, j'étais loin de me douter qu'il était porteur d'un aussi riche passé de légendes. On le retrouve à l'origine de l'homme, dans la Bible (c’est peut-être même un des noms du messie), à la naissance de Rome et dans la légende du roi Arthur !

Dans la Genèse
Au commencement, était l'espace infini, rempli par Dieu qui existe de toute éternité.
Puis naît la conscience. Pourquoi ? On ne sait pas trop. Dieu aurait à un moment décidé de peupler le monde de purs esprits, appelés aussi anges ou fils de lumière.
N’avait-il pas prévu (à moins que ce soit un dessein) que ceux-ci, en s'individualisant, allaient se disputer et se combattre méchamment. Et c’est sous la conduite d'Amilius qu’une partie d'entre eux rejoint la terre, où, de purs esprits, ils s’incarnent en humains. Le géant Atlas de la mythologie grecque, représenterait Amilius, "l'entité-guide" des origines, qui aurait conduit 133 millions d'âmes sur la Terre.
Amilius, en s'incarnant, prend le nom d'Adam, en référence à la terre Adama. Et c’est à lui, le premier homme, à qui Dieu a donné une épouse, Eve. On connaît la suite…


Il y a aussi beaucoup d’anges don’t le nom comprend la racine amiel,  comme Yeramiel, Ha’amiel, Ra’amiel  ou Sa’amiel.

Période biblique
Le Cantiques des Cantiques, selon la légende, a été écrit par le roi David (celui même qui, adolescent, combattit Goliath) qui créa le premier royaume d'Israël avec Jérusalem comme capitale. A la fois guerrier et poète, il a écrit ce magnifique poème d’amour pour Bethsabée, fille d'Amiel, un valeureux combattant. Bethsabée étant mariée à un officier, David a dû l’envoyer en première ligne pour s’en débarrasser.
Un des plus beaux chants d'amour de tous les temps a été écrit pour une descendante d'Amiel. C’est elle qui va donner naissance au roi Samomon, le plus grand roi Juif, ce qui fait des Amiel des descendants du roi Salomon par les femmes.

Antiquité
Le nom a perduré dans toute l'antiquité. On le retrouve dans la mythologie romaine rapportée par Tite-Live. 
A la mort de Procas, le roi d’Albe la Longue, l’héritage fut partagé à parts égales : l'aîné, Numitor, obtient le trône, tandis qu’Amulius, le cadet, récupère les richesses et l’argent paternel.
Pas content, Amulius détrône son frère et fait tuer tous ses descendants mâles et fait de sa nièce, Rhéa Silvia, une vestale devant donc rester vierge. Mais, pas de chance, le dieu Mars tombe amoureux de la jeune fille et lui fait deux jumeaux : Romulus et Rémus. Amulius qui, comme Moïse, sont abandonnés sur la rive d'un fleuve par ceux qui devaient les trucider. Les jumeaux vont se venger avant de fonder Rome.

Moyen-âge
Dans la légende du Roi Arthur, un des ses chevaliers a pour nom Aemilianus abrévié en Melianus. Avec son ami Bérius, autre chevalier, ils combattent et tuent un monstre sauvage dans les Alpes, au Mont du Chat. Mélianus a ensuite fondé la ville de Montmélian et son compagnon celle de Chambéry.


Dans "L’Apocalypse de Zerubavel”, un texte du 7e siècle, le messie a le nom de Menahem Ben Amiel.

Juifs de Provence et du Languedoc
L'existence d'une présence juive en Provence et en Languedoc est attestée depuis le Ier siècle et même probablement avant. Ils seraient arrivés avec les Romains, bénéficiant de leur statut de citoyens. D'abord à Massilia, puis à Narbonne, Carpentras, Montpellier, etc. Pendant le Moyen Age, et notamment à Narbonne, ils entretiendront des relations de proximité avec l'importante communauté juive espagnole et profiteront des apports de Al Andalus.
Un rabbin voyageur, Benjamin de Tulède, visitant en 1165 le Languedoc, rend compte d'une importante communauté juive d'environ 300 personnes à Narbonne, ville comparée à Babylone pour ses nombreux savants (Kimhi, grammairien, Kalonymos et Ibn Tibbon, grands traducteurs de l'arabe à l'hébreu, etc.). Narbonne (Ner binah" : "lumière de l'intelligence"), dit-il, "d'où sortit la Torah pour se répandre dans tout le pays". Le XIIIe siècle est un âge d'or du judaïsme méridional riche de l'apport andalou et de la pensée de Maimonide.
La fin de l'Andalousie et la reconquête des rois catholiques vont précipiter des dizaines de milliers de juifs sur les routes et les mers dans d'innombrables directions. Une partie d'entre eux se réfugient dans le sud de la France. On a la trace de communautés dans l'Aude (Tour d'Escales), à Carcassonne, dans le quartier Saint Vincent (traces écrites sur le juif converti Davin en 1430, aïeul de Nostradamus).
De nos jours, les communautés de Provence et du Languedoc se sont dispersées, les grandes concentrations s'effectuant dans les grandes villes : plus de la moitié dans la région parisienne, puis à Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, etc.

La plus grande concentration de notre patronyme est en France en Aude, en Ariège ou dans le Gard. On peut supposer qu'un grand nombre de juifs fuyant l'Espagne en 1492 se sont réfugiés dans le sud de la France où ils se sont convertis par la suite au catholicisme comme le célèbre Nostradamus, originaire de l'Aude. Une autre partie des Amiel, ma famille, a choisi de traverser la Méditerranée pour s'implanter au Maroc.
De nos jours, on rencontre des Amiel dans le monde entier (5 à 6000 en France) avec des cheminements très différents. Le philosophe Henri-Frédéric Amiel dont l'énorme Journal Intime (17000 pages) introspectif et découragé eut un certain succès était suisse (originaire de l'Aude).
Le réalisateur Jon Amiel qui vit actuellement en Californie est né en Angleterre, sa famille venant de Pologne.
Une partie de ma famille vit en France, au Canada, en Israël, en Amérique du Sud, etc. Il y a aussi des Amiel dans toute l'Europe, en Amérique, en Australie... L'errance continue.

Amiel non juifs
Il y aurait deux origines non hébraïques à notre nom, la première serait romaine et proviendrait de la gente Aemilienne, une des grandes famille patriciennes romaines, descendante de Mamercus, un fils de Pythagore, surnommé Æmylos ou Aimilios pour son "raffinement et ses talents oratoires".
La seconde viendrait du mot Amelho en occitan, qui veut dire amande et qui aurait dérivé en Amiel. A partir du XIIIe siècle, les registres d’inquisition fourmillent de Amiel cathares persécutés comme hérétiques (voir : http://amiel.ovh.org/wp/?p=44). Une inquisition particulièrement barbare qui mutile, brûle, tue les hommes, les femmes et les enfants au nom de la vraie foi, "pour la gloire de Dieu". Ce fut aussi une façon de mettre au pas des régions autonomistes qui contestaient l'administration et la religion de l'Etat.
C'est dans l'Aude et autour (dans la Septimanie) qu'on en trouve la plus grande concentration.
Ainsi, dans la même région, à la même époque, cohabiteraient des Amiel dont les lignées n'auraient rien à voir. Se sont-ils rencontrés, y a-t-il eu des mariages ?? Les choses se compliquent...

 

Suite

 

Cette recherche sur mon patronyme est en cours.


Un site très documenté existe (http://amiel.bendries.net) qui m'a permis d'apprendre beaucoup de choses. Au nom de tous les Amiel, je remercie Jean-Louis Amiel de ce passionnant travail.